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Amadou Diop: "Les nouveaux enjeux de l’aménagement du territoire : à la recherche de territoires pertinents de développement"

La notion d’aménagement du territoire occupe une place de plus en plus importante dans les politiques des États ou des agences d'aide au développement et dans les travaux académiques. De nombreuses études ont documenté les origines et la topographie de cette notion. Mais de plus en plus, une question centrale surgit à travers les réflexions qui lui sont consacrées : « Avec la décentralisation, avons-nous encore besoin d’aménagement du territoire ? » Cette question pose, d’emblée, « l’actualité » d’un concept qui, pendant longtemps, était en quête de statut scientifique et de base théorique solide. Et voilà que l’aménagement du territoire se fait prendre à contre-pieds par l’État qui l’a pourtant légitimé, institutionnalisé et pratiqué. 

L’État réformateur, le premier pour ne pas dire l’unique aménageur, adopte la politique de décentralisation matérialisée par le transfert de plusieurs de ses responsabilités à la base, tout près des citoyens. Le transfert ou le partage de compétences s’est aussi accompagné par « le grand retournement » induit par les recompositions territoriales qui sont, d’une part, le produit des réformes étatiques et, d’autre part, les dynamiques spatiales d’origine intérieure et extérieur. Ainsi, le territoire national sur lequel l’aménagement du territoire a pris support se voit fragmenté, morcelé et même mis en réseau sous l’effet de ces recompositions territoriales. Les cartes de l’aménagement du territoire demeurent brouillées, leur échelle étant multipliée, leur légitimité mise en doute mais l’esprit qui les anime reste intact et les principes toujours pareils à eux mêmes. 

Nicolas Jacquet, Délégué de la DATAR, apporte sur la question un éclairage novateur notamment pour l’Afrique où le NEPAD, en perspective depuis une dizaine d’années, s’est orienté pour aménager le continent afin d’être au rendez-vous du troisième millénaire : « Nous avons encore besoin d’aménagement du territoire pour quatre raisons. Tout d’abord, nous sommes entrés, avec le XXIe siècle, dans une grande période de turbulence, qui résulte à la fois de l’internationalisation des économies et de chocs technologiques majeurs qui vont se produire. Ensuite, l’élargissement de l’Europe entraîne une donne nouvelle, et enfin parce que les inégalités subsistent en France.» 

L’aménagement du territoire trouve aussi sa raison d’être là où on pourrait le croire inutile, c’est-à-dire à l’intérieur des morcellements territoriaux, dans les collectivités territoriales et sur les réseaux entretenus par ces dernières. Il remet ainsi à jour le concept de « territoire », en particulier comme support d’action collective, et espace le mieux adapté aux politiques de développement socio-économique des collectivités. Ici, l’intérêt réside dans la « fin » annoncée du territoire de l’état-nation (Badie 2003) et du risque de perdre de vitalité, dans bien des collectivités, si l’on s’en tient aux « complexités territoriales », à la « mobilisation accrue des individus » et aux effets de cloisonnement qui se sont opérés. Le territoire politique n’est plus forcément celui du développement ou du projet. Il n’est pas, non plus, forcément le quotidiennement « vécu » et senti par les citoyens. La question de la pertinence des échelons territoriaux se pose, dés lors, avec acuité. Comment aménager ce complexe territorial ? Quels seront les cadres territoriaux les plus aptes à répondre aux exigences d’efficacité et de pertinence ? Au moment où les pays africains sont préoccupés à construire des collectivités territoriales qui, si elles se sont opérées sur des bases institutionnelles légitimes, ne sont pas pour autant dépourvues de contraintes techniques et financières, l’Europe cherche à réajuster les cadres territoriaux en les renforçant ici par le régionalisme52, là en les regroupant par l’intercommunalité (la française en exemple) et ailleurs en les coopérant dans les zones transfrontalières.

La recherche d’efficacité et d’adaptabilité des cadres territoriaux en vue de promouvoir de meilleures conditions de développement économique et social intéresse dés lors les chercheurs. Ainsi, cet article se fixe comme objectif de revisiter d’abord la notion de l’aménagement du territoire, par son évolution théorique et pratique mais surtout par les nouvelles approches qu’elle est censée embrasser, qui intègrent en même temps les débats sur le concept de « territoire ». Ce dernier fait l’objet d’une problématique évolutive dans la quête d’efficacité et de cadre idéal pour l’action collective. Après ce cadrage théorique de la politique d’aménagement et de son support territorial qui s’est complexifié et multiplié, il importe de montrer les dynamiques que les échelles territoriales de développement ont connu au fil des temps et comment nous les appréhendons en terme de pertinence et d’efficacité. Comme l’ont pensé, certains auteurs, nous chercherons, à la fin de cet article à confirmer qu’on peut faire une articulation des échelles territoriales par une régulation des différents niveaux institutionnels, en transcendant les limites politiques des territoires.

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Dernière modification le lundi, 09 juillet 2018 13:43

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